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Coupe de France des Arbitres 2025 — Un titre ramené en Gironde

C’est depuis la Bretagne, où il profitait de quelques jours ensoleillés de vacances bien méritées, que Florian a accepté de nous accorder un moment. Un cadre estival en contraste avec l’intensité des semaines qui viennent de s’écouler : le week-end du 25 avril, l’arbitre du club de Gauriac a remporté la Coupe de France des arbitres ! Un titre historique pour le comité de la Gironde.
Avant d’enfiler le maillot d’arbitre, Florian a d’abord été joueur à Gauriac, d’abord en loisirs, puis en équipe senior. C’est l’été dernier, après sa promotion au niveau régional, qu’il a décidé de franchir le pas : « Vu que je suis passé région cet été, j’ai dit maintenant j’arrête parce que ça fait trop. J’ai décidé d’arrêter d’être joueur et de me consacrer pleinement à l’arbitrage. »
L’aventure arbitrage a démarré il y a un peu moins de trois ans puis un stage à Lastrene l’été dernier lui a permis de développer technique et théorie, avant d’intégrer le groupe de perfectionnement en septembre. Un apprentissage rapide, couronné cette saison par une montée en R2 — et désormais par un titre national.
Lancée en septembre, la compétition rassemblait cette année 1 348 arbitres de toute la France. Elle se déroule en deux grandes phases : une phase qualificative mensuelle en distanciel, puis une phase finale en tableau de 32. Florian en décrit la mécanique : « C’est comme un championnat, avec 4 tours qualificatifs puis des 16e de finale où l’on tombe les uns contre les autres, le tableau est prédéfini à l’avance et on avance petit à petit. »
Chaque épreuve mêle QCM réglementaires et analyses vidéo — 15 questions et 5 séquences à décrypter. Le niveau monte au fil des tours, et en finale, seul le QCM trois étoiles est au programme, soit le plus haut degré de difficulté. « Au fur et à mesure que tu t’avances, les questions sont de plus en plus compliquées. Il y a parmi six ou sept réponses possibles et si t’en oublies une, c’est zéro à la question. »


Derrière ce titre, il y a des mois de travail régulier. Florian a fait du règlement et des interprétations son obsession quotidienne, y compris lors de ses sorties running : « Je m’entretiens physiquement avec des footings réguliers mais j’ouvre aussi énormément mon réglement et surtout les interprétations. Le basket, est un sport vraiment compliqué avec beaucoup de règles, il y a toujours des exceptions. »
Son stage région et le stage passerelle l’ont solidement ancré dans la théorie. Mais c’est surtout la maîtrise des interprétations qui lui a fait la différence face à ses adversaires. En demi-finale, à égalité parfaite avec son concurrent — 14 bonnes réponses chacun — c’est le chronomètre qui a tranché : Florian a terminé dix minutes avant tout le monde.
Les demi-finales se sont jouées dans les murs de la Fédération Française de Basket-Ball, avant que les quatre finalistes ne rejoignent l’Accor Arena de Bercy pour disputer le QCM final dans les vestiaires, entre deux matchs du Trophée de France féminin.
Un environnement qui a laissé Florian sans voix : « J’ai vu ça comme un gamin. Tout était beau, tout était rose. Des gens que tu voyais à travers la télé — le président de la fédération, des arbitres pros — maintenant tu les salues, tu discutes avec eux, tu manges avec eux le soir. »

Avant la remise du trophée, Florian a pris la parole devant les officiels pour les remercier : : « Ce que vous avez fait là, c’est incroyable pour nous. Vous nous avez fait vivre une expérience extraordinaire. Jamais on aurait pu approcher le monde professionnel comme ça. » Rien d’étonnant pour ceux qui le connaissent : Florian est comme ça, naturel, avenant, et vraiment gentil. Ce qu’il ne savait pas encore, c’est que quelques minutes plus tard, ils allaient annoncer que c’était lui le grand vainqueur. Quelques minutes plus tard, il recevait donc le trophée, sur le parquet, à la mi-temps du match Le Mans–Monaco. « J’avais des frissons, les larmes aux yeux.C’est beau, toutes ces émotions. »
Commencé à 41 ans, l’arbitrage est pour Florian bien plus qu’une activité annexe. Promu arbitre R2 la saison prochaine, il voit dans cette victoire une fierté collective avant tout : « J’ai ramené le titre en Gironde, j’ai envie qu’il reste ici. Que ce soit pour moi ou pour les autres, j’ai envie que ça booste et que ça promeuve l’arbitrage au sein du comité. »
Son adversaire en finale avait 17 ans. Lui en a 41 passés. La Coupe de France des arbitres n’a visiblement pas d’âge. Et Florian de conclure, avec la simplicité de ceux qui ont vraiment travaillé : « Quand tu bosses, c’est récompensé. C’est accessible à tout le monde qui s’en donne les moyens. »